LE FOOTBALL AUTO-ARBITRÉ À 7 : L'ACTIVITÉ PHARE DE LA FSGT
- Alexis Rouhette
- 3 févr. 2023
- 3 min de lecture
En France, le sport le plus populaire, c'est le football. 40 000 adhérents se retrouvent ainsi autour du ballon rond grâce à leur club affilié à la FSGT. Il y a évidemment le football à 11, mais aussi le walking-foot, une création anglaise.

Dans les Alpes-Maritimes, le foot à 7 rencontre un vrai succès
Mais c'est le foot auto-arbitré à 7 qui rencontre le plus de succès, avec 26 000 pratiquants. Une discipline singulière qui existe maintenant depuis plus d'un demi-siècle au sein de la FSGT, et qui permet aux passionnés de pratiquer leur sport préféré sans se prendre la tête.
UNE HISTOIRE LIÉE À MAI 68
Si le football est pratiqué à la FSGT depuis sa création en 1934, c'est sous son format classique, à 11. C'est plus de trente ans plus tard que sa version à 7 voit le jour à la FSGT. Une naissance qui commence à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) à la fin des années 60, plus précisément en mai 1968. À cette époque-là, les usines françaises sont occupées, les ouvriers qui ne peuvent plus travailler cherchent de nouveaux moyens de distraction. Jo Dauchy, secrétaire général du Club municipal d'Aubervilliers (CMA), lance alors un tournoi de foot entre grévistes.

Jo Dauchy, membre de la FSGT et secrétaire général de la CMA à l'origine du foot à 7
Malgré la reprise du travail après mai, le CMA veut poursuivre l'expérience et organise un critérium en juin 1969, auquel participent les entreprises et les maisons de jeunes de la ville. Des peintres, des bouchers, des profs... L'affluence est telle que le CMA décide alors de couper les terrains, de réduire les équipes à sept joueurs et d'instaurer l'auto-arbitrage en simplifiant les règles.
Un format idéal, car tout le monde peut jouer, les débutants comme les confirmés, et sans compétitivité exacerbée. Les joueurs jouent dans un même esprit de convivialité et se retrouvent pour passer de bons moments.
Avec la désindustrialisation de la proche banlieue et l'évolution de la société dans les années 70, le public n'est plus le même et l'activité s'essouffle, au point qu'il ne reste plus qu'une poignée d'équipes. C'est à ce moment-là que le foot à 7 s'ouvre aux clubs de quartier, en dehors du travail, ce qui permet une augmentation du nombre de participants. Un renouveau bienvenu, qui oblige les instances à envisager désormais une gestion départementale. Le foot auto-arbitré à 7 est définitivement lancé.
DES CHAMPIONNATS LOCAUX ET "LE NATIONAL"
Le succès du foot à 7 peut aussi s'expliquer par ses formats attractifs, où chacun peut trouver son compte. Le premier niveau, c'est le département. Un matchs par semaine, pour le compte d'un championnat, avec des montées et des descentes dans les divisions supérieures ou inférieures. Il y a ensuite une coupe régionale, organisée pour les comités d'Île-de-France.
Enfin, la FSGT organise "le National de Foot à 7" qui désigne le champion de France FSGT de la discipline. Une compétition organisée en mai ou en juin, qui s'adresse aux équipes inscrites dans les comités FSGT. Pour participer, une équipe doit compter au moins 12 joueurs.

La dernière édition du National s'est déroulée en mai 2022 dans l'Orne.
Une multiplicité des formats qui servent l'intérêt du foot à 7 de développer l'activité tout en restant accessible.
DU FOOT, MAIS AVANT TOUT DU PLAISIR
Mais la principale raison du succès du foot à 7 à la FSGT, c'est avant tout l'esprit qui règne autour de cette activité. Malgré l'enjeu qui existe parfois entre les équipes, il n'y a en réalité pas de pression ou de réelle tension. L'idée est vraiment de jouer pour le plaisir du football avant tout. C'est d'ailleurs la raison de la règle majeure de ce sport, l'auto-arbitrage. Pas besoin de désigner un arbitre, les joueurs présents sur la pelouse sont responsables et capables de prendre les décisions qui s'imposent.
Le reste des règles suit également la logique de plaisir. Si elles sont bien établies, elles ont été créées sur le terrain, et même sur demi-terrain. Le hors-jeu n'existe pas, les tacles ne sont pas autorisés, les touches sont effectuées au pied.
À 7, le jeu est naturellement porté vers l'avant, tous les joueurs touchent le ballon au cours du match et ils ont tous l'opportunité de marquer. En deux mi-temps d'une demi-heure, le score est souvent représentatif de cette idée, et les scores fleuves sont légion.
L'état d'esprit et la convivialité se retrouvent également dans le nom des équipes. Si certains ont choisi un nom classique, d'autres n'hésitent pas à faire parler leur imagination : OGC Nietzsche, Bayer Les Verres Cul Sec, l'Olympique de Marcel ou encore le Bayern de Monique.



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