THOMAS VALLE : " AUJOURD'HUI, IL Y A ÉNORMÉMENT DE MANIÈRES DE FAIRE DU SPORT POUR TOUS "
- Alexis Rouhette
- 4 févr. 2023
- 5 min de lecture
Thomas Valle est membre de la direction fédérale collégiale (DFC) à la FSGT. Salarié depuis quinze ans à la Fédération et désormais à la DFC, il a accepté de répondre à mes questions concernant la FSGT mais aussi le foot auto-arbitré à 7, l'activité la plus populaire au sein de la Fédération.
« La FSGT travaille pour que tout le monde puisse pratiquer une activité sportive »
« Comment avez-vous connu la FSGT ?
J’y suis rentré par le biais du travail, en novembre 2008. J’ai commencé à travailler à la ligue Île-de-France FSGT grâce à une annonce d’emploi. J’étais dans le milieu associatif. Je ne connaissais la FSGT que de nom avant d’y travailler, mais en y entrant j’ai vu que c’était dans mes valeurs, dans ce que j’aimais, la passion du sport et dans ce que j’imaginais du sport au niveau de l’engagement.
Que faites-vous au sein de la DFC, quel est votre rôle à la FSGT ?
Je suis coordinateur du pole activités et culture sportive (PACS). On a une centaine d’activités organisées au niveau du territoire, et 25 organisées au niveau national.
La FSGT a bientôt 90 ans, comment est-ce qu’on poursuit son but premier à savoir la pratique du sport ?
L’objectif de la FSGT au départ, c’est l’accessibilité au sport pour tous. Aujourd’hui, il y a énormément de manières de faire du sport pour tous. Le foot à 7 est un exemple qui illustre très bien la façon dont on peut « triturer » une activité pour la rendre accessible au plus grand nombre.
On s’aperçoit que si le sport était plutôt bourgeois et pas accessible aux ouvriers et que c’était justement la mission de la FSGT au début, on est moins dans cette logique aujourd’hui mais on voit que le sport n'est pas forcément accessible à tous. Beaucoup de catégories sociales sont éloignées de la pratique sportive, et la FSGT travaille pour que tout le monde puisse pratiquer. Ce n'est pas si évident de pratiquer le sport comme on le voudrait aujourd’hui, avec une logique associative et pas une logique de prestation de service, avec une organisation collective du sport.
Il y a toujours du travail, le sport est loin d’être accessible à tous. Encore aujourd’hui, avec la réforme des retraites qui tend à supprimer du temps de loisir et du temps d’engagement associatif, on se bat pour faire comprendre que l’activité sportive doit faire partie intégrante du parcours de n’importe quel être humain.
La FSGT aura 90 ans l’an prochain, et les JO 2024 sont organisés à Paris. Est-ce que les Jeux pourraient être une vitrine pour le sport amateur, la pratique du sport avec la FSGT ?
Il y aura forcément l’objectif de profiter de l’exposition des Jeux olympiques. Aujourd’hui par rapport aux JO on est plutôt dans le souci qu’ils ne soient pas une fête du sport business, et qu'ils permettent au sport pour tous de vivre et de se développer. On a eu des exemples récents, notamment avec la Coupe du monde au Qatar, qui était du sport spectacle.
En 2024 il y a aussi la question de l’héritage des Jeux, et celle de la politique pour les Jeux. Si on a un objectif de 80 médailles et qu’on concentre les moyens sur une infime partie des sportifs au point de diminuer les moyens des autres à cause de cet objectif, plutôt que de promouvoir le sport pour tous, les JO n’auront pas servi à grand chose. L’objectif, c’est que les Jeux servent de vitrine au sport pour tous et non pas de se diriger vers la concentration des moyens vers le sport élite.
La FSGT fait également partie de la CSIT et leurs Jeux mondiaux se dérouleront en septembre prochain à Cervia en Italie. Est-ce que la FSGT se fixe un objectif dans cette compétition ou est-ce simplement du plaisir, pour partager l’amour du sport ?
La FSGT n’a pas d’objectif de médailles aux Jeux mondiaux. L’idée est basée sur les rencontres internationales, compétitives et de haut niveau. On amène nos meilleurs sportifs sur la plupart des activités, mais toujours avec la garantie de l’état d’esprit et de l’investissement autour de la FSGT. On préfère amener des sportifs « un peu moins bons », mais des pratiquants FSGT réguliers plutôt que des mercenaires, qui viennent chercher une qualification ou une médaille sans réellement suivre les valeurs de la FSGT.
C’est une compétition de haut niveau, pour que les pratiquants se confrontent au plus haut niveau international sans laisser de côté les valeurs et l’état d’esprit. On veut aussi amener des gens qui connaissent la FSGT et qui sont investis.
« Le foot à 7 est l’activité FSGT reine »
On va maintenant s’intéresser au foot à 7. C’est le sport où il y a le plus de pratiquants à la FSGT, avec 26 000 joueurs. Comment expliquez-vous ce succès ?
Le foot à 7, c’est l’activité FSGT reine. C’est du foot, ca reste du foot, mais on l’a « trituré » de manière à rejoindre les objectifs de la Fédération. Et finalement, les gens y adhèrent car cela répond à leurs besoins.
Pour 99% des équipes, il n’y a pas d’entraînements et que des matchs. Donc le père de famille ou l’étudiant joue au foot un soir dans la semaine et n’a pas besoin de s’entraîner plusieurs fois dans la semaine pour espérer avoir une place sur le banc des remplaçants et ne jouer que 10 minutes par match.
C’est aussi un jeu très offensif, pas de hors-jeu, c’est agréable de jouer. On est 14 sur le terrain, tout le monde touche le ballon tout le temps. Il y a beaucoup de buts, le plaisir de marquer pour tout le monde. Il y a aussi la règle des remplacements tournants. Si quelqu’un n’est capable de jouer que dix minutes il peut quand même jouer.
Il n’y a pas de tacles, donc cela réduit le risque de blessures. Le travailleur ou l’étudiant peut venir sans se demander s’il va se casser la cheville.
Il y a des matchs tous les jours, comment est-ce qu’on gère cette organisation au quotidien ?
C’est des commissions de bénévoles, parfois accompagnées de professionnels, qui se réunissent et se cassent la tête pour trouver les terrains et gérer l’organisation des matchs. L’idée c’est d’avoir quelque chose d’associatif, collectif et une responsabilité partagée avec les bénévoles.
L’une des règles phares au foot à 7 à la FSGT est l’auto-arbitrage. Quelle place occupe-t-il dans ce sport ?
L’auto-arbitrage pour nous est central, il existe jusqu’à la finale de la coupe nationale. C’est le principe même de l’activité, on est sur la responsabilisation du pratiquant. L’adversaire est important, ce n’est pas un ennemi, le but est de s’entendre sinon on ne peut pas jouer. C’est une logique de convivialité, ce qui n’empêche ni la compétition ni la concurrence, mais dans l’optique de pratiquants responsables.
Avez-vous déjà rencontré des difficultés avec certaines équipes ou certaines situations compliquées à gérer, au point de remettre en question l’auto-arbitrage ?
Le remettre en question non. On a eu des soucis, car certains ne comprennent pas forcément l’esprit du foot à 7, et ceux-là ne restent pas plus longtemps à la FSGT. De notre côté, on le voit au niveau litiges, c’est infime. Je fais partie de la commission litiges du 94, on doit se réunir quatre fois dans l’année. Il y a un état d’esprit différent autour du foot à 7, que la plupart des gens ont compris ou comprennent au fur et à mesure..»
INTERVIEW ÉCRITE ET RÉALISÉE PAR ALEXIS ROUHETTE



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